Bernadette Chirac «couchait par terre» près de sa fille malade qui pesait jusqu’à 27 kg — À 89 ans, émaciée, elle se serait réfugiée en Corrèze

Bernadette Chirac a été mise à terre, envahie par un sentiment d’impuissance à la mort de son aînée. Elle a tout fait pour que d’autres parents ne vivent la même chose.

Le quotidien des Chirac a été totalement bouleversé après des vacances passées en Corse. C’est au sein de ce paradis que leur fille aînée bascule en enfer, terrassée par une méningite.

Le couple fait tout son possible pour que le cauchemar s’arrête. Et alors qu’une lueur d’espoir semblait pointer le bout de son nez, le pire ne faisait que commencer.

LA MALADIE DE LAURENCE : 9 TENTATIVES DE SUICIDE ET UNE FORME D’ANOREXIE TRÈS DURE

En 1973, les Chirac passent leurs vacances en Corse. Laurence, l’aînée des Chirac, âgée de 15 ans à l’époque, était passionnée de voile, et avait participé à une régate à Porto-Vecchio.

Toutefois, au retour d’une manche, en descendant du bateau, la jeune fille se plaint d’un terrible mal de tête, et quelques heures plus tard, une importante fièvre se déclare. Un médecin ausculte l’adolescente et rassure tout le monde en leur disant qu’il ne s’agit là que d’une lombalgie. Il lui prescrit alors de l’aspirine pour faire baisser sa température. Mais rien n’y fait.

La fièvre ne descend pas et la nuit est cauchemardesque. Finalement, ils font appel à un autre médecin qui, lui, diagnostique une méningite. Rapatriée d’urgence à Paris, la jeune fille est admise à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière où on lui pratique une ponction lombaire. Mais apparemment, là aussi, tout ne s’est pas passé comme prévu.

«Il semble qu’il ait eu un accident pendant cet examen. Elle a hurlé pendant de longues minutes. Affolement général, cavalcades d’infirmières. Elle a souffert le martyre. Cela n’aurait jamais dû se produire”,

écrit Bernadette quelques années plus tard dans son livre Conversation. Et d’ajouter :

“À l’hôpital, je couchais par terre à côté d’elle. C’était mon enfant, elle avait mal. Et c’est le départ de tout. À la suite de cette méningite, elle a commencé une anorexie mentale très grave.”

En effet, la jeune fille rieuse, pleine de vie et volontiers chahuteuse avait plongé dans la détresse, et ne s’en est jamais remise.

Ne perdant pas espoir, Jacques et Bernadette Chirac remuent ciel et terre pour trouver les meilleurs spécialistes qui les aideront à enrayer la dépression dans laquelle s’enfonçait peu à peu leur fille. Et ils l’ont finalement trouvé en la personne du professeur Bertagna, un psychiatre réputé.

Depuis qu’il a soigné leur fille, Laurence, dont le poids était descendu jusqu’à 27 kg, allait mieux. Pour tout le monde, Laurence allait mieux. Pourtant, le 13 avril 1990, à 18 heures, profitant d’un instant d’inattention de sa garde-malade, elle se défenestre de son appartement situé au quatrième étage, dans le quatorzième arrondissement de Paris.

Le SAMU arrive très vite sur les lieux et lui administre les premiers soins avant de l’emmener à l’hôpital du Val de Grâce pour être opérée. Il faut savoir que sa chute a causé de multiples fractures des membres, du bassin et un grave traumatisme crânien. Et dire que la veille, le Pr Bertagna avait dit à ses parents : «Partez sans crainte en vacances en Thaïlande. Nous veillons.»

Dès qu’ils ont appris la terrible nouvelle, le couple, fou de douleur et de chagrin, a aussitôt pris le premier avion à destination de Paris pour être au chevet de leur fille. Laurence s’en remettra mais son mal-être est irrémédiable. Hélas, n’étant que l’ombre d’elle-même, elle essayera par la suite, huit fois, de mettre un terme à sa vie.

DÉCÈS DE SA FILLE : MOMENTS DIFFICILES ET AIDE AUX AUTRES ENFANTS

Le 14 avril 2016, épuisée par les interventions chirurgicales, la consommation d’antidépresseurs, Laurence rend son dernier souffle. Après quarante années de martyre, tout s’est arrêté pour l’aînée de Chirac. Elle avait 58 ans.

Les Chirac s’effondrent. Le traumatisme est terrible pour la mère de famille tandis que le poids de la culpabilité de ne pas avoir été assez présent pour ses enfants envahit l’ancien président.

Ce drame, ils le vivent comme un véritable échec car jusqu’à la fin, même aidés par la science, ils n’ont pas su redonner goût à la vie à leur fille et ont été incapables de soulager sa souffrance.

“La maladie de ma fille m’a fait beaucoup réfléchir, et je me suis dit qu’il fallait réaliser quelque chose en France qui soit novateur et réservé aux adolescents en souffrance”,

confia Bernadette.

C’est ainsi que l’épouse de l’ancien président de la République s’est lancée corps et âme dans la lutte contre l’anorexie mentale avec l’ouverture de la première maison des adolescents à côté de l’hôpital Cochin, à Paris, baptisée Maison de Solenn, en hommage à la fille de Patrick Poivre d’Arvor qui, de son vivant, souffrait, elle aussi, du même mal que Laurence.

Bernadette avait perdu son combat pour sa fille mais il restait des milliers d’autres jeunes qui méritaient qu’on agisse et se batte pour eux, afin de soulager leur peine et leur malheur avant que quelque chose ne soit définitivement cassé en eux aussi.

“Je me suis dit qu’il fallait faire autrement que ce qui avait été fait pour Laurence, l’isolement, l’incompréhension, poursuit-elle. Je voulais une maison d’accueil pour les adolescents en grande difficulté. J’ai voulu épargner aux familles le calvaire que nous avons vécu”,

dit-elle.

BERNADETTE À 89 ANS : LA VIE MAINTENANT

Juste avant sa dernière apparition publique en 2020, Bernadette avait laissé entendre au journaliste et auteur Erwan L’Éléouet qu’elle ne survivrait pas à la mort de sa fille et à celle de son mari coup sur coup.

“Je ne pourrai pas résister. J’admire vraiment les femmes qui sont capables d’assumer, car je suis finalement très dépendante”,

confiait-elle. Depuis, plus rien.

Mais si l’état de santé de Bernadette Chirac continue de susciter l’inquiétude de certains Français, Claude Chirac, agacée par un projet concernant sa mère, avait donné des nouvelles rassurantes la concernant. Apparemment, elle se serait retirée en Corrèze et y profiterait d’une vie au grand air.

«Les choses sont paisibles, elle va le mieux possible. On espère tous, et elle la première, pouvoir aller en Corrèze au mois d’avril. Ce qui me permettrait d’être plus présente à Tulle et Brive et la rendrait sans aucun doute très heureuse»,

avait-elle confié en mars 2022.
La source

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